À 50 ans, combien devriez-vous avoir de côté pour votre retraite ?
100 000 € ?
200 000 € ?
500 000 € ?
Lorsque l’on approche de 50 ans, la question commence sérieusement à se poser :
« Est-ce que j’ai suffisamment préparé ma retraite ? »
Mais je vais peut-être vous surprendre.
Le montant que vous avez déjà épargné n’est pas la première chose que je regarderais.
Je commencerais par une autre question :
« Combien vous manquera-t-il chaque mois lorsque vous arrêterez de travailler ? »
Parce que c’est ce chiffre qui va déterminer une grande partie de votre stratégie.
Prenons un exemple
Sophie a 50 ans.
Aujourd’hui, elle dispose de 4 000 € par mois pour vivre.
Elle consulte son estimation de retraite et commence à réfléchir au niveau de vie qu’elle souhaiterait conserver.
Imaginons, uniquement pour notre exemple pédagogique, qu’elle souhaite disposer de :
3 000 € par mois à la retraite.
Et que l’ensemble de ses pensions futures soit estimé à :
2 200 € par mois.
Il lui manquerait donc :
800 € par mois.
Soit :
9 600 € par an.
Et si elle souhaite financer ce complément pendant 25 ans :
9 600 € × 25 = 240 000 €
Attention : 240 000 € n’est pas le capital qu’elle doit nécessairement posséder le jour de son départ en retraite.
Pourquoi ?
Parce qu’un capital peut continuer à produire des revenus.
Parce que l’inflation doit être prise en compte.
Parce que la fiscalité peut intervenir.
Parce que les dépenses évoluent au cours de la retraite.
Parce que personne ne connaît précisément sa durée de vie.
Et parce que Sophie dispose peut-être déjà d’autres sources de revenus.
Mais ce calcul extrêmement simple a une vertu :
il transforme une inquiétude abstraite en besoin concret.
À 50 ans, le temps joue encore pour vous
C’est probablement la bonne nouvelle.
À 50 ans, la retraite peut encore être suffisamment éloignée pour disposer d’un véritable horizon d’investissement.
L’AMF rappelle que le temps constitue un allié important de l’épargne de long terme et que l’investissement régulier permet de bénéficier de la capitalisation.
Elle souligne également qu’avec un horizon de 15 ou 20 ans, un placement diversifié en actions peut être envisagé pour une partie de l’épargne correspondant au profil de l’investisseur, tout en rappelant évidemment que le capital n’est pas garanti.
Autrement dit :
à 50 ans, il n’est certainement pas trop tard.
Mais il commence à devenir intéressant de faire les calculs.
À 55 ans, la question change déjà
Imaginons maintenant que Sophie attende cinq années supplémentaires.
Son besoin futur reste identique.
Mais son horizon d’investissement s’est raccourci.
Cela signifie deux choses.
1. Elle dispose de moins de temps pour constituer son capital.
2. Elle dispose également de moins de temps pour absorber d’éventuelles baisses des marchés.
L’effort d’épargne nécessaire peut donc devenir plus important et l’organisation des investissements doit progressivement évoluer.
C’est précisément le principe retenu, par exemple, dans la gestion pilotée à horizon du PER : plus l’échéance de retraite approche, plus une partie du portefeuille est progressivement orientée vers des actifs considérés comme moins risqués.
Et à 60 ans ?
À 60 ans, il n’est toujours pas forcément trop tard.
Mais on ne raisonne plus de la même manière.
Le sujet devient davantage :
Quel capital ai-je déjà constitué ?
Quand vais-je réellement partir à la retraite ?
Quelle sera ma pension ?
Quels revenus mon patrimoine peut-il générer ?
Quels placements dois-je conserver ?
Quelle part dois-je progressivement sécuriser ?
Quel capital dois-je garder disponible ?
À quelques années du départ, rechercher brutalement davantage de rendement pour « rattraper le retard » peut justement conduire à prendre un niveau de risque qui n’est plus cohérent avec l’horizon.
Faites d’abord CE calcul
Avant de chercher un PER, une assurance-vie, un PEA, des SCPI ou n’importe quel autre placement, prenez simplement une feuille.
ÉTAPE 1 — Ma retraite estimée
________ € / mois
ÉTAPE 2 — Le revenu que je souhaiterais avoir
________ € / mois
ÉTAPE 3 — La différence
________ € / mois
ÉTAPE 4 — Pendant combien d’années dois-je envisager ce complément ?
________ années
Vous avez désormais une première estimation de votre besoin.
Et seulement maintenant, nous pouvons commencer à parler de patrimoine.
Parce que vous avez peut-être déjà préparé votre retraite sans le savoir
C’est un autre point important.
Préparer sa retraite ne signifie pas nécessairement avoir un produit portant le mot “retraite”.
Vous pouvez avoir :
une assurance-vie,
un PEA,
un PER,
des SCPI,
un appartement locatif,
une résidence principale totalement remboursée,
un compte-titres,
de l’épargne salariale,
du capital disponible.
Tout cela doit être regardé ensemble.
Une personne disposant de 100 000 € sur un PER mais encore d’un important crédit immobilier à la retraite n’est pas dans la même situation qu’une personne ayant 50 000 € d’épargne financière mais une résidence principale totalement payée et des revenus locatifs.
Encore une fois :
le patrimoine doit être regardé globalement.
PER, assurance-vie, PEA, immobilier : lequel choisir ?
C’est souvent à ce moment que l’on me pose la question.
Et ma réponse risque de décevoir :
Ça dépend.
Le PER peut présenter un intérêt dans certaines situations, notamment fiscalement, mais l’argent est en principe destiné à rester investi jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage prévus.
L’assurance-vie apporte d’autres caractéristiques.
Le PEA répond à une logique différente.
L’immobilier peut générer des revenus mais présente également ses propres risques et contraintes.
Les SCPI permettent une exposition indirecte à l’immobilier mais comportent notamment un risque de perte en capital et de liquidité.
Et il n’est absolument pas obligatoire d’en choisir un seul.
Une stratégie de retraite peut reposer sur plusieurs enveloppes et plusieurs classes d’actifs.
La question n’est donc pas :
« Quel est le meilleur placement retraite ? »
Mais :
« Quelle combinaison correspond à mon besoin, à mon horizon, à ma fiscalité et au risque que je suis capable d’accepter ? »
Le piège : attendre 60 ans pour faire le calcul
À 30 ans, la retraite paraît très loin.
À 40 ans, on commence parfois à y penser.
À 50 ans, le sujet devient concret.
À 60 ans, l’échéance peut être très proche.
Or le temps permet deux choses essentielles :
épargner progressivement
et
laisser travailler la capitalisation.
Plus on commence tard, plus l’effort nécessaire peut devenir important pour atteindre un même objectif.
Alors, combien faut-il avoir à 50 ans ?
Il n’existe pas de chiffre universel.
Et méfiez-vous des règles toutes faites du type :
« À 50 ans, vous devriez posséder X fois votre salaire. »
Deux personnes gagnant exactement 4 000 € par mois peuvent avoir des situations radicalement différentes.
L’une aura terminé de rembourser sa maison.
L’autre sera encore locataire.
L’une disposera de revenus locatifs.
L’autre non.
L’une souhaitera vivre avec 2 500 € par mois à la retraite.
L’autre en voudra 5 000 €.
L’une partira peut-être plus tôt.
L’autre plus tard.
Ce n’est donc pas votre âge qui détermine le capital dont vous avez besoin.
C’est votre projet de vie.
À 50 ans, posez-vous plutôt ces 5 questions
1. À quel âge voudrais-je arrêter de travailler ?
2. Quelle pension puis-je raisonnablement anticiper ?
3. De combien voudrais-je disposer chaque mois ?
4. Quel patrimoine ai-je déjà constitué pour produire ce complément ?
5. Quel effort d’épargne dois-je maintenant mettre en place ?
Et c’est seulement après avoir répondu à ces questions que je commencerais à choisir les solutions.
Parce qu’encore une fois :
on ne devrait pas commencer une stratégie retraite par un produit.
On devrait commencer par un chiffre.
Le revenu dont vous aurez besoin pour vivre la retraite que vous souhaitez réellement.
À propos de l’auteur
Grégoire Brunet – Conseiller en Investissements Financiers
J’accompagne particuliers et familles dans l’organisation de leur patrimoine, leurs investissements et la préparation de leur retraite.
Basé dans les Yvelines (78), j’accompagne également des clients dans l’Eure (27), notamment autour de Vernon, ainsi que partout en France grâce à la visioconférence.
Article à vocation pédagogique. Les exemples chiffrés sont des hypothèses simplifiées et ne constituent ni une estimation personnalisée de retraite ni une recommandation d’investissement. Les placements présentant un potentiel de rendement comportent également des risques, notamment de perte en capital.