ASSURANCE-VIE INTERNATIONALE : ET SI ELLE NE CONCERNAIT PAS SEULEMENT LES GRANDES FORTUNES ?
+46 % en deux ans.
C’est la progression des ventes mondiales de solutions d’assurance patrimoniale internationales entre 2023 et 2025, selon une étude de NMG Consulting relayée par L’Agefi.
Elles sont passées de 36,4 milliards de livres sterling en 2023 à 53 milliards en 2025.
Et elles pourraient atteindre environ 87 milliards de livres à l’horizon 2030.
On pourrait donc penser que l’assurance-vie internationale est avant tout une affaire de grandes fortunes.
Je pense que ce serait une erreur.
Car finalement, faut-il être millionnaire pour avoir des problématiques patrimoniales internationales ?
Absolument pas.
🌍 EXPATRIÉ OU NON-RÉSIDENT : DES BESOINS PATRIMONIAUX PARFOIS ENCORE PLUS IMPORTANTS
Lorsqu’on quitte la France pour travailler ou vivre à l’étranger, certaines questions que l’on pouvait repousser deviennent beaucoup plus importantes.
Et la première n’est même pas le rendement.
C’est la protection.
Que se passe-t-il si je décède ?
Comment mon conjoint sera-t-il protégé ?
Que deviendront financièrement mes enfants ?
De quelle protection sociale bénéficions-nous dans notre pays de résidence ?
Quels capitaux seraient immédiatement disponibles pour ma famille ?
Quelle serait la fiscalité applicable ?
Quelles seraient les règles successorales ?
Ce sont des questions essentielles lorsqu’on vit en France.
Mais lorsqu’une famille vit à plusieurs milliers de kilomètres, dans un environnement juridique, fiscal et social différent, elles peuvent devenir encore plus importantes.
👨👩👧 PROTÉGER SA FAMILLE AVANT DE CHERCHER DU RENDEMENT
C’est peut-être l’une des premières choses à étudier dans une stratégie patrimoniale d’expatrié.
Avant de parler ETF, fonds, immobilier ou performance, il faut vérifier les fondations.
🛡️ Protection du conjoint
👶 Protection des enfants
💶 Capital disponible en cas de décès
⚖️ Organisation de la transmission
📄 Clause bénéficiaire adaptée
🌍 Prise en compte du pays de résidence
Parce qu’une stratégie patrimoniale n’est pas uniquement faite pour s’enrichir.
Elle sert aussi à protéger ceux qui resteraient si quelque chose arrivait demain.
👴 ET PUIS IL Y A LA RETRAITE…
C’est probablement l’autre immense sujet.
Un expatrié ne perd pas nécessairement tous ses droits à retraite français.
Tout dépend notamment de son statut, des pays dans lesquels il travaille, des régimes auxquels il cotise et des éventuelles conventions internationales de sécurité sociale.
Mais une chose me paraît évidente :
il ne faut surtout pas attendre 60 ans pour découvrir ce que l’on touchera réellement.
Car une carrière internationale peut être composée de plusieurs régimes, plusieurs pays et plusieurs périodes de cotisation.
Et le niveau de retraite obtenu peut être très différent de celui que l’on imaginait.
L’épargne personnelle peut donc devenir une composante majeure de la préparation de la retraite.
Et là, le temps devient un allié considérable.
Épargner pendant 20 ou 30 ans pour construire progressivement un capital n’a rien à voir avec essayer de rattraper le retard à quelques années de la retraite.
💡 ET IL N’EST PAS NÉCESSAIRE D’AVOIR PLUSIEURS MILLIONS D’EUROS
C’est probablement le message que j’aimerais faire passer.
La gestion de patrimoine internationale ne devrait pas être assimilée uniquement à la gestion de fortune.
Selon le pays de résidence, la réglementation, la situation personnelle et les critères d’acceptation des établissements, des solutions existent également pour des patrimoines beaucoup plus accessibles.
Assurance-vie française dans certaines situations.
Assurance-vie internationale.
Contrat luxembourgeois lorsque celui-ci présente un véritable intérêt.
Solutions financières adaptées aux non-résidents.
Immobilier.
Épargne de long terme.
Prévoyance.
Et parfois simplement une combinaison de plusieurs solutions.
Bien entendu, le pays de résidence est déterminant.
Les règles de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, les éventuelles mesures concernant certaines juridictions et les politiques d’acceptation propres à chaque établissement doivent être prises en compte.
Tous les expatriés ne pourront donc pas accéder aux mêmes solutions.
🇱🇺 ET LE LUXEMBOURG DANS TOUT CELA ?
Il peut avoir du sens.
Mais certainement pas simplement parce que « les grandes fortunes vont au Luxembourg ».
Triangle de sécurité, super-privilège, architecture financière, mobilité internationale…
Ce sont de vrais arguments.
Mais un contrat luxembourgeois n’est pas automatiquement supérieur à un contrat français.
Le bon contrat est celui qui répond au bon besoin.
Et c’est finalement là que l’étude sur les grandes fortunes devient intéressante pour tout le monde.
Elle montre que lorsque les situations deviennent plus internationales et plus complexes, le conseil et la structuration prennent progressivement le pas sur le simple choix d’un produit.
Et cela vaut pour quelqu’un possédant plusieurs millions d’euros…
comme pour une famille beaucoup plus modeste partie construire sa vie à l’étranger.
Car pour un expatrié ou un non-résident, les premières questions patrimoniales devraient peut-être être :
🛡️ Ma famille est-elle suffisamment protégée ?
👴 Quelle retraite suis-je réellement en train de construire ?
💰 Est-ce que j’épargne suffisamment pour compenser ce que mon parcours international pourrait changer ?
🌍 Mes placements sont-ils adaptés à mon pays de résidence ?
👨👩👧👦 Et si quelque chose m’arrivait demain, ai-je réellement organisé les choses pour mon conjoint et mes enfants ?
Avant de chercher le meilleur rendement, commençons peut-être par cela.
Parce que lorsqu’on vit à l’étranger, construire son patrimoine est important.
Mais protéger sa famille et préparer son avenir le sont probablement encore davantage.
Les droits sociaux et les conséquences fiscales et successorales d’une expatriation dépendent notamment du pays de résidence, du statut de la personne et des conventions internationales applicables. L’accessibilité des solutions financières dépend également de la réglementation et des critères des établissements concernés.
Sources : NMG Consulting / Utmost ; L’Agefi, août 2026 ; GAFI.