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ET SI L’APPARTEMENT QUE VOUS ACHETEZ AUJOURD’HUI DEVENAIT PLUS DIFFICILE À REVENDRE DANS 20 ANS ?

Pendant longtemps, lorsqu’on analysait un investissement immobilier, les critères étaient assez classiques :

📍 L’emplacement
💰 Le prix au m²
📈 Le rendement locatif
🏠 La qualité du bien
🚆 Les transports et les services
👥 La demande locative

Ces critères restent évidemment essentiels.

Mais je pense qu’il va falloir progressivement en ajouter un autre :

le risque climatique.

Et pas dans 30 ou 50 ans.

Dès aujourd’hui.

Une enquête réalisée en juin 2026 auprès de 2 000 Français donne quelques chiffres assez révélateurs.

👉 81 % déclarent souffrir de la chaleur chez eux.

👉 1 Français sur 3 pourrait envisager de déménager à cause de la chaleur.

👉 En région PACA, 18 % des habitants interrogés envisagent sérieusement de quitter la région si les canicules s’intensifient.

👉 Et 26 % envisageraient l’achat d’une résidence secondaire si les canicules devenaient plus intenses.

Ce ne sont pour l’instant que des intentions déclarées.

Mais pour quelqu’un qui achète un bien immobilier aujourd’hui avec un horizon de 15, 20 ou 25 ans, la question mérite d’être posée.

🏠 Le bon emplacement de 2026 sera-t-il toujours le bon emplacement en 2046 ?

Prenons deux appartements présentant aujourd’hui des caractéristiques comparables.

L’un se trouve dans une zone particulièrement exposée aux fortes chaleurs, avec un appartement plein sud, au dernier étage, peu végétalisé et difficile à rafraîchir.

L’autre se situe dans un environnement moins exposé, avec une bonne isolation, une conception permettant de conserver une température acceptable en été et davantage de végétation autour.

Auront-ils toujours la même attractivité dans 20 ans ?

Pas nécessairement.

Et la chaleur n’est qu’une partie du problème.

Il faut désormais commencer à regarder les inondations, incendies, sécheresses, retrait-gonflement des sols argileux, recul du trait de côte, mais également la capacité d’un logement à rester confortable lors des épisodes de chaleur.

Ce n’est d’ailleurs plus seulement une réflexion théorique. La Banque de France considère que l’immobilier résidentiel français subit déjà les conséquences des phénomènes climatiques et que sa vulnérabilité devrait augmenter avec le changement climatique.

Et en 2026, la carte officielle française du retrait-gonflement des argiles a justement été actualisée afin d’intégrer les effets du changement climatique et la forte sinistralité observée ces dernières années. Le nouveau zonage est applicable depuis le 1er juillet 2026 pour certaines opérations de construction.

🔎 Demain, analyser un bien immobilier pourrait donc nécessiter une nouvelle grille de lecture

Avant d’investir, je regarderais de plus en plus :

1. L’exposition climatique de la localisation
Inondation, sécheresse, argile, incendie, submersion marine, recul du trait de côte…

2. Le confort d’été du logement
Orientation, étage, isolation, protections solaires, ventilation, végétalisation…

3. L’évolution potentielle du coût de l’assurance
Un risque physique plus important peut évidemment avoir des conséquences sur l’assurabilité et le coût global de détention.

4. Les travaux futurs nécessaires
Un logement peut être correct aujourd’hui et nécessiter demain des investissements importants pour rester confortable et attractif.

5. La demande locative future
Une ville extrêmement recherchée aujourd’hui le sera-t-elle autant si les épisodes de chaleur deviennent beaucoup plus fréquents ?

6. Et surtout : la valeur de revente dans 15 ou 20 ans.

Car c’est peut-être là que se situe le véritable enjeu patrimonial.

La Banque de France distingue d’ailleurs deux familles de risques : les risques physiques, liés directement aux événements climatiques, et les risques de transition, liés notamment aux changements réglementaires, technologiques et de comportement susceptibles d’affecter la valeur des logements.

💡 L’immobilier reste une affaire d’emplacement… mais la définition d’un « bon emplacement » pourrait changer.

Pendant des décennies, on a essentiellement regardé :

Où est situé le bien ?

Peut-être faudra-t-il désormais ajouter :

Comment vivra-t-on dans ce logement en 2040 ou 2050 ?

Quels seront les risques de cette localisation ?

Combien coûtera son adaptation ?

Et quelqu’un voudra-t-il toujours l’acheter ou le louer dans 20 ans ?

Quand on investit dans l’immobilier à crédit sur 20 ou 25 ans, le changement climatique devient lui aussi un paramètre patrimonial.

Et je pense que nous ne sommes qu’au début de cette évolution.

Et vous, lorsque vous achetez un bien immobilier aujourd’hui, regardez-vous déjà son exposition aux risques climatiques ?

Sources : enquête leboncoin immo auprès de 2 000 Français, juin 2026 ; Banque de France ; Géorisques / ministère de la Transition écologique.